Depuis 25 ans au sein de PSE : Sopheap, la passion de l'éducation : Pour un Sourire d'Enfant

Depuis 25 ans au sein de PSE : Sopheap, la passion de l'éducation

Sopheap à droite avec une collègue

Sopheap est la première institutrice à avoir rejoint l’équipe de PSE en 1996. Retour sur le parcours d’une professeure engagée dans la lutte contre la misère !

Une rencontre boulversante 

1996. Sopheap travaille dans une école publique au Cambodge. Elle a été diplômée deux ans plus tôt de l’Ecole de Pédagogie qui forme les instituteurs et institutrices au Cambodge. Jeune professeure, elle se passionne pour son métier. Malgré tout, Sopheap souhaite en faire d’avantage, aller plus loin pour remplir cette mission d’enseignement et de transmission du savoir aux jeunes cambodgiens. Touchée par la grande misère qui empêche beaucoup d’enfants d’être scolarisé dans le pays, elle cherche à s’engager en faveur de cette cause.

« A l’époque, je travaillais dans une école publique. Un ami m’a alors parlé d’un groupe d’étrangers travaillant dans un quartier pauvre de la capital. Ils étaient en train de créer une organisation pour aider les enfants pauvres de Phnom Penh. »

Enfants sur la décharge

Curieuse d’en savoir davantage sur ce projet, Sopheap prend contact avec eux. Elle rencontre alors l’association Pour un Sourire d’Enfant. Les fondateurs, Christian et Marie-France des Pallières avaient découvert quelques mois plus tôt, une décharge à ciel ouvert ou travaillaient des centaines d’enfants très maigres, sales et épuisés qui étaient déscolarisés, et vivaient dans des conditions très difficiles. Leurs familles sans revenus n’avaient d’autres choix que de les solliciter pour gagner un salaire de misère leur permettant d’avoir de quoi se nourrir.

En se rapprochant d’eux, ils leur ont demandé comment les aider et les enfants ont répondu qu’ils avaient besoin « d’un repas par jour et d’aller à l’école comme les autres enfants».

« En cette année 1996, l’association débutait tout juste ses premières actions et je me suis décidée à postuler en tant qu’institutrice. A mon arrivée, j’ai été complètement bouleversée : aucun des enfants présents n'aurait pu aller à l’école sans l’aide de PSE. J’ai découvert plus en détail les activités de l’association et la solidité de ses programmes pour que les enfants reçoivent la même éducation que les autres enfants du Cambodge. »

Deux garçons sur la décharge de Phnom Penh
Des enfants en train de trier les déchets sur la décharge de Phnom Penh
Des enfants à l'arrière d'un camion sur la décharge
Des enfants avec des cartables sur la décharge municipale de Phnom Penh

Un parcours évolutif vers la pédagogie

Sopheap fait ses premiers pas à PSE pour la première rentrée scolaire de l’association.

Les enfants arrivaient de la décharge pour assister aux cours. « Au début, il n’y avait pas de structures propres à l’association. Un particulier nous avait prêté un garage pour accueillir les enfants et commencer notre programme scolaire. Notre premier défi a été d’identifier le niveau des enfants pour estimer leurs retards et leurs proposer un programme adapté. »

Dès le début, PSE a mis en place une méthode d’enseignement accéléré pour les enfants trop longtemps déscolarisé et trop âgés pour réintégrer le système scolaire classique. C’est le rattrapage scolaire. Au fur et à mesure des années, l’association a construit des infrastructures pour accueillir les enfants et a étoffé ses programmes pour répondre au mieux aux besoins qui continuent d’évoluer.

Des enfants en classe à l'école Pour un Sourire d'Enfant

«  En plus de mon rôle d’enseignante, j’avais, à l’époque, un rôle de surveillante. J’accueillais les enfants le matin très tôt pour les accompagner à leur séance de gymnastique. Ensuite, il y avait la douche, car beaucoup de ces enfants n’avaient pas accès à l’eau courante chez eux. Après ça, les cours commençais. J’ai adoré occuper ce rôle qui me permettait de passer beaucoup de temps avec les enfants et d’identifier ceux qui avaient des faiblesses physiques, des problèmes d’hygiène, de sécurité et beaucoup d’autres choses. »

J’ai eu aussi l’opportunité de conduire des recherches autour d’outils pédagogiques et de méthodologie adaptés aux jeunes en difficultés. Cette partie de mon travail a pris de en plus d’importance à mesure que l’association se développait.»

Après 7 ans en tant qu’institutrice, Sopheap a rejoint le département pédagogique,  nouveau programme de PSE.

La pédagogie : un pilier de l'éducation

Il est important de garder en tête que les enfants arrivant à PSE ont grandi dans des conditions très difficiles : grande pauvreté, violence, … En plus de l’apprentissage des connaissances, il est indispensable d’adapter les méthodes d’enseignement pour les aider à se reconstruire et à trouver sa place dans la société pour agir pour les futures générations. C’est le rôle que c’est donné notre département de Pédagogie en créant des outils permettant de développer les compétences humaines des jeunes.

« Je suis passionnée par mon métier. Mon objectif est de tout mettre en œuvre pour que les enfants acquièrent des bonnes valeurs et compétences humaines qui les aiderons à s’intégrer dans la société. Pour cela je développe de activités d’éducation humaine et je forme les professeurs pour les mettre en application. Beaucoup de jeunes de PSE ont déjà réussi dans leur carrière grâce à cela. Ils progressent dans des postes à responsabilité tout en développant leur vie personnelle. Ils partagent alors leurs expériences avec la génération suivante. Cela fonctionne, on le voit tous les jours et c’est un vrai bonheur de voir nos anciens élèves qui réussissent dans la vie.»

Au cours de ses 20 ans chez PSE, Sopheap a pu voir l’évolution des programmes de PSE qui s’adapte toujours aux nouveaux enjeux du Cambodge. Les méthodes développées par l’association permettent à nos jeunes de s’épanouir et de s’intégrer pleinement dans la société.

Sopheap parle devant des élèves attentifs