Prendre soin de la petite enfance
Le premier Centre de Services Communautaires de PSE a ouvert ses portes en 1999 afin d'offrir un lieu sûr aux jeunes enfants pendant que leurs parents travaillaient.
À cette époque, de nombreuses familles vivant dans les communautés accompagnées par PSE étaient confrontées à une pauvreté extrême. Les parents travaillaient comme ouvriers du bâtiment, éboueurs, vendeurs de rue ou exerçaient d'autres emplois précaires et faiblement rémunérés. Pour beaucoup, trouver une solution de garde était tout simplement impossible. Les plus jeunes étaient souvent laissés dans des environnements dangereux, tandis que leurs frères et sœurs aînés devaient renoncer à l'école pour s'occuper d'eux.
« Le premier CSC a été créé pour répondre aux besoins des familles qui cherchaient un endroit sûr où laisser leurs enfants pendant la journée », explique Reaksmey. « Les parents pouvaient partir travailler en sachant que leurs enfants étaient en sécurité, nourris et pris en charge. Nous voulions donner à ces familles les moyens d'améliorer leurs conditions de vie. »
Plus de vingt-cinq ans plus tard, les CSC jouent un rôle essentiel dans la préparation des enfants vulnérables à une entrée réussie à l'école, mais aussi dans la vie. Aujourd'hui, le programme propose un enseignement préscolaire aux enfants de trois à six ans, afin de leur permettre d'acquérir les compétences scolaires, sociales et émotionnelles indispensables à leur réussite en primaire. Il articule quatre grands axes de développement : le développement physique, cognitif, psychomoteur, ainsi que le développement social et émotionnel.
« Nous avons constaté que les enfants avaient une véritable envie d'apprendre », poursuit Reaksmey. « Nous avons donc développé un programme plus structuré, avec des objectifs pédagogiques clairs et des méthodes d'enseignement adaptées. » En 2025, les Centres de Services Communautaires ont accueilli en moyenne 285 enfants par jour. Avec un taux de fidélisation des familles de 93 % et un taux de présence de 95 %, le programme témoigne de la confiance grandissante que lui accordent les parents.
Une journée rythmée par les apprentissages et le jeu
Une journée type au CSC commence à 7 heures du matin. Les enfants arrivent tôt, prennent leur petit-déjeuner ensemble, participent au rassemblement matinal ainsi qu'à des exercices physiques avant de rejoindre les activités en classe.
Tout au long de la journée, ils prennent part à des séances de lecture d'histoires, d'éveil à la lecture et de jeux de langage qui les aident à reconnaître les lettres, enrichir leur vocabulaire et gagner en aisance pour communiquer en khmer. Les activités de mathématiques leur permettent de découvrir les nombres, le comptage, les premières additions et soustractions, ainsi que les formes, les tailles et les notions élémentaires de mesure grâce à des exercices concrets et ludiques.
Le programme comprend également le déjeuner, un temps de repos et des activités en extérieur, offrant ainsi un équilibre entre apprentissages, jeux et développement personnel.
Ces dernières années, les CSC ont renforcé leur approche fondée sur l'apprentissage par le jeu. Plutôt que de s'appuyer uniquement sur un enseignement traditionnel, les enseignants encouragent les enfants à explorer, expérimenter, coopérer et découvrir par eux-mêmes grâce à des activités pratiques et ludiques.
« Nous sommes convaincus que les jeunes enfants apprennent avant tout en jouant », souligne Reaksmey. « Lorsqu'ils participent activement, ils développent leur confiance en eux, gagnent en autonomie et prennent plaisir à apprendre. »
Acquérir des compétences pour la vie
Si la préparation scolaire est essentielle, les CSC accordent tout autant d'importance au développement de compétences de vie que beaucoup d'enfants n'ont jamais eu l'occasion d'acquérir.
Les enseignants accompagnent les enfants dans l'adoption de bonnes habitudes quotidiennes : se laver les mains avant les repas, ranger après leurs activités, respecter les horaires et les routines, faire preuve de respect envers les autres, coopérer avec leurs camarades, développer la politesse et le sens des responsabilités.
Ces apprentissages dépassent souvent le cadre de la salle de classe.
« Les parents nous disent fréquemment que leurs enfants commencent à aider davantage à la maison, à ranger leurs affaires et à devenir plus autonomes », raconte Reaksmey. « Ce sont des changements qui rendent les familles très fières. »
Lorsque le programme a vu le jour, beaucoup de parents avaient eux-mêmes eu un accès limité à l'éducation et connaissaient peu l'importance de l'éducation de la petite enfance dans le développement de leur enfant.
Selon Reaksmey, entre 80 et 90 % des parents s'impliquent aujourd'hui activement dans le parcours éducatif de leurs enfants, une évolution remarquable par rapport aux débuts du programme.
Préparer les enfants à réussir leur entrée à l'école
L'impact des CSC apparaît clairement lorsque les enfants intègrent l'école primaire.
Après avoir passé jusqu'à trois années en maternelle, ils arrivent en première année déjà familiarisés avec les règles de la classe, l'environnement scolaire et les attentes liées à la vie en collectivité. Ils savent interagir avec leurs enseignants, travailler avec leurs camarades et participer à des activités d'apprentissage structurées.
Grâce à cette préparation, les enfants issus des CSC s'adaptent généralement plus facilement à l'école primaire et font preuve d'une meilleure préparation que ceux qui n'ont pas bénéficié d'un enseignement préscolaire.
« Nos enfants arrivent en première année avec confiance », affirme Reaksmey. « Ils n'ont pas peur de l'école, car ils savent déjà ce que signifie apprendre. »
À mesure que le système éducatif cambodgien évolue, les CSC poursuivent leur adaptation.
Alors que de plus en plus d'écoles publiques proposent désormais des classes de maternelle, PSE réfléchit à de nouvelles façons de renforcer sa collaboration avec le système éducatif public, tout en veillant à ce que les enfants les plus vulnérables continuent de bénéficier du soutien dont ils ont besoin.
Un engagement profondément personnel
Pour Reaksmey, cette mission est avant tout une histoire personnelle.
Ayant grandi dans une famille modeste en milieu rural au Cambodge, il connaît intimement les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles accompagnées par les CSC.
« J'étais moi-même l'un de ces enfants qui avaient besoin d'être soutenus », confie-t-il. « Aujourd'hui, j'ai la possibilité d'offrir ce soutien à d'autres. »
Chaque jour, il voit des enfants arriver au CSC timides et hésitants, puis repartir plus confiants, plus autonomes et mieux préparés à construire leur avenir.
« Lorsque je vois ces enfants apprendre, grandir et prendre confiance en eux, cela me rappelle chaque jour pourquoi ce travail est si important. »