Le message d'espoir de Sreynut, ancienne chiffonnière
Une enfance sur la décharge
« Il y a 14 ou 15 ans, je vivais sur la grande décharge de Stung Meanchey, où les gens fouillaient les déchets pour récupérer des choses à vendre. J'ai grandi sur cette décharge » se souvient Sreynut, émue. « C'était vraiment dur car la plupart d'entre nous commencions à travailler à partir de minuit. Nous partions avec un grand sac et nous marchions depuis la décharge jusqu'au marché. Sur la route, on ramassait les déchets et de la nourriture que nous trouvions dans les poubelles ».
Sreynut a grandi dans l'enfer de la décharge et du travail forcé. Issue de la grande pauvreté, elle n'avait aucun espoir d'avenir. « Nous étions tellement pauvres que nous ne pouvions pas acheter de la nourriture, ni vivre dans un endroit normal » explique la jeune femme. « On n’avait rien, on n’allait pas à l’école, on n’avait pas de maison, on vivait dans un petit abri ».
« Un professeur est venu me voir et m'a demandé : 'Veux-tu aller à l'école ? Tu auras des repas gratuits et on aidera ta famille, on vous donnera du riz chaque semaine'. Il revenait souvent en me disant 'Tu dois essayer. Parles-en à ta famille. Tu ne peux pas continuer à vivre comme ça' ». C'est ainsi que l'adolescente a rejoint PSE. Sreynut avait l'âge d'être scolarisée en 3e, mais elle avait accumulé un tel retard qu'elle a rejoint l'école de rattrapage de PSE, qui permet de rattraper deux niveaux scolaires en un an. « C'était vraiment une belle période de ma vie » sourit la jeune femme. « PSE m'a offert une éducation, de la nourriture, un hébergement et ils ont pris soin de ma famille. J'étais en cours de rattrapage scolaire pendant 4 ans puis j'ai eu une bourse de PSE pour étudier à l'université ».
S'épanouir au sein de PSE
« Mon meilleur souvenir à PSE, ce sont les pauses goûters. On étudiait toute la journée donc on avait le déjeuner et le diner, mais aussi le goûter ! On avait une pause de 20 ou 30 minutes et on pouvait s’asseoir et manger ensemble. On se posait des questions : ‘Tu as appris quoi en biologie ?’ ou ‘Vous avez fait quoi en maths ?’ ou encore ‘Qui veut jouer au basket ce soir ?’. Ce sont mes meilleurs souvenirs car nous avions grandi avec rien ! On ne savait pas ce que c’était l’amitié, ni comment s’amuser… A PSE, on recevait une éducation et surtout on avait des amis et on pouvait jouer ! »
Son message d'espoir
Sreynut porte aujourd'hui un véritable message d'espoir et d'encouragement pour les jeunes scolarisés à PSE. « Je voudrais leur dire qu'il faut saisir cette opportunité qui vous permet d'avoir un avenir. Donnez le meilleur de vous-mêmes à PSE ! Quand j'étais à l'école, j'ai beaucoup travaillé, et aujourd'hui, j'ai pu arriver là où je suis. Vous aussi vous pouvez y arriver. Vous pourrez prendre soin de vos familles et de votre pays. »
« J'ai un message pour vous, qui lisez mon témoignage : merci de nous aider, nous en sommes très reconnaissant. PSE a transformé ma vie : sans l'association, je ne parlerais pas anglais, je ne serais jamais allée à l'école et je n'aurais pas ce travail. Merci ! »
Une réussite possible grâce au parrainage
Depuis le début de leurs actions au Cambodge, Christian et Marie-France des Pallières, les fondateurs de PSE, ont fait le choix de compter sur le parrainage pour assurer la pérennité des programmes de l'association. L'engagement que nous prenons auprès des enfants est fort : nous les menons de la misère à un métier !
La prise en charge globale que nous offrons aux enfants se fait sur la durée. Nous nous engageons jusqu'au bout et ne laissons aucun enfant au bord de la route.