« Il y a une centaine de moniteurs khmers et une quarantaine d’Européens. Les enfants arrivent en bus ou à pied, accueillis en musique par une horde de bénévoles. Ils prennent un petit déjeuner, passent aux douches, puis sont répartis par groupes. Les groupes sont encadrés par des binômes, composés d’un volontaire khmer et d’un européen. »
Les journées sont rythmées : activités ludiques, sportives, artistiques… Certains groupes font des activités au sein du Centre PSE et d’autres vont directement dans les bidonvilles où vivent les familles soutenues par l’association. Tous les enfants vivant dans ces quartiers pauvres sont accueillis, qu’ils fassent partis ou non des programmes de PSE.
« Ça fait colonie de vacances ! Les enfants sont enthousiastes, parfois difficiles à canaliser. Mais on ressent une énergie incroyable. Beaucoup d’enfants viennent avec leurs frères et sœurs. »
Les anecdotes ne manquent pas :
« Dans le bidonville de Sen Sok, une monitrice a improvisé des origamis : tout d’un coup, plus un bruit, les enfants étaient fascinés. »
« Dans le quartier de Pum Russeï, ils ont appris la chorégraphie du Roi Lion avec des masques qu’ils avaient fait eux-mêmes. »
Ici, au centre, les adolescents devaient dessiner leurs rêves sur une feuille.
Paul est touché par ce qu’il voit : « Les espaces pour les activités dans les bidonvilles sont plus petits, mais on se sent vraiment dans une bulle. On voit que certains enfants portent en eux une lourde réalité, parfois de la violence dans leurs gestes et leur attitude… mais aussi beaucoup d’amour. Un matin, une fillette qui marchait à peine portait sa petite sœur, un bébé, dans ses bras. Elle refusait qu’on l’aide. Ça fait mal au cœur. »
Pour Paul, ces camps sont une leçon de vie :
« On ressort grandi. On voit les extrêmes : la joie débordante, mais aussi la difficulté des enfants dans les bidonvilles. Ce qui reste, c’est leur sourire et l’énergie incroyable qu’ils dégagent. »