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"Quand on fait attention à eux, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes" : immersion dans la mission d’Amélie

Arrivée au Cambodge il y a un mois et demi, Amélie, 24 ans, a rejoint Pour un Sourire d’Enfant (PSE) en tant que volontaire, après un cheminement personnel entamé bien avant son départ. Aujourd’hui assistante des professeurs d’anglais, elle partage avec émotion ses premières impressions,  ses  découvertes et les liens tissés avec les enfants.

Une vocation née d’un film… ou presque

“La première fois que j’ai entendu parler de PSE, c’était à la sortie du film Les Pépites”, raconte Amélie. “Je n’ai pas vu le film à l’époque, mais la bande-annonce m’avait marquée. C’est elle qui m’a donné envie de faire un volontariat un jour dans ma vie !”

Ce projet a pris forme plus concrètement il y a deux ans, lorsque son cousin est parti six mois à PSE. “Avant même son départ, il nous avait présenté l’association. Puis, pendant son volontariat, on recevait plein de photos. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la manière dont il en parlait : avec beaucoup de sincérité, de simplicité… Et surtout, une vraie humilité au retour.” Ce témoignage familial a été un déclencheur. “Je me suis rendue compte que beaucoup de gens autour de moi connaissaient déjà PSE, certains étaient même parrains !”

“C’est vraiment ici que je voulais partir”

Diplômée en ingénierie agronome à Unilasalle Beauvais en septembre 2024, Amélie avait déjà ce rêve en tête : “Mon souhait de partir en volontariat grandissait. L’entreprise où je travaillais, “Carbone Farmers”, m’a proposé un CDD, tout en me laissant la liberté de m’engager dans une mission dès la réception d’une réponse positive.”

Elle hésite alors entre l’agriculture, son domaine d’expertise, et l’enfance, une cause qui la touche profondément. “Mais au fond, c’est vraiment à PSE que je voulais partir. L’histoire du couple fondateur m’a bouleversée. Ils ont remué ciel et terre pour aider les enfants, c’est une histoire pleine d’humanité.”

Premiers pas à Phnom Penh : “On sourit tout le temps ici !”

À son arrivée, Amélie est immédiatement frappée par l’atmosphère : “La première chose qui m’a marquée, c’est la simplicité qu’ils ont à sourire. En Europe, on sourit quand il y a une raison… ici, les sourires sont constants ! Les gens sont très accueillants, les contacts très simples. Je me suis même demandé si un étudiant ne m’avait pas confondue avec quelqu’un d’autre la première fois qu’il m’a prise dans ses bras !”

Elle découvre vite la réalité derrière l’école. “J’ai visité une “communauté” (bidonville). À l’école, les enfants sont impeccables, avec leurs beaux uniformes… mais dans les bidonvilles, ils vivent dans des cabanes de 4m² avec 10 personnes. Des enfants nus jouent dans la rue. C’est un choc.”

Une mission qui prend tout son sens

En tant qu’assistante des professeurs d’anglais, Amélie commence par observer. “Chaque enseignant a sa méthode. J’ai beaucoup appris, cela m’a donné plein d’idées.” Puis vient le moment de passer seule devant les élèves. “C’est là que j’ai senti que ma mission commençait vraiment. J’avais toute ma place ici. Cela m’a procuré un sentiment de fierté et de bien-être total.”

Elle se retrouve face à des classes aux niveaux très variés. “Ce qui m’a touchée, c’est la solidarité entre les élèves. Ils s’aident, on utilise les gestes, on s’adapte. Je me souviens d’un cours de phonétique, on devait prononcer des sons inexistants en khmer. J’essayais de leur montrer comment bouger la langue et la bouche… on riait tous ensemble. Un moment simple et joyeux.”

Elle découvre aussi l’engagement remarquable des professeurs. “Ils sont très attentifs à l’état de chaque élève. Un regard triste, un jeune fatigué… ils vont aller lui parler, chercher à comprendre, proposer de l’aide. Ils leur font comprendre qu’ils sont importants, qu’ils ont leur place. Ça change tout.”

Tisser des liens, faire grandir la confiance

Un élève endormi en classe devient un déclic. “Je ne voulais pas le réveiller brutalement. Au cours suivant, je l’ai mis devant, je l’ai fait participer. J’ai compris qu’il avait de grandes difficultés. Alors j’ai inventé des jeux où je pouvais passer du temps avec ceux qui en avaient besoin. Et ça a marché. Maintenant, ils s’investissent dans le cours et participent. Certains me sautent même dans les bras quand je les croise!”

“Quand on fait attention à eux, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes”, dit-elle avec émotion. “Je trouve cela très touchant de réussir à créer une unité dans la classe..”

S’investir partout où c’est possible

Amélie ne s’arrête pas à sa mission principale. “Entre les cours, on peut s’impliquer dans plein de projets !” Elle s’investit dans le cinéma club, donne des cours particuliers de guitare, participe au music club, et s’est engagée dans le “International Buddy Program” pour coacher cinq jeunes en soft skills. “On peut organiser des activités en groupe, matchs de volley, repas, activités… ou individuel pour les faire progresser personnellement. Je fais aussi des cours de soutien en français, et j’aimerais m’investir dans l’éco-club le samedi matin.”

Sa formation en agronomie n’est pas oubliée : “Je fais des recherches sur l’agriculture au Cambodge et commence à constituer un réseau. Ensuite, je vais voir ce qu’on peut faire avec les étudiants, peut-être en lien avec le programme environnement.”

Une famille sur le campus

“Je vis sur le campus, à côté des internes. Ils sont devenus comme des petits frères et sœurs ! On joue, on discute… on partage des moments très forts.” Elle se souvient d’un jeune en particulier : “Il parlait très bien anglais. Et puis un jour, il m’a raconté son histoire… J’ai été bouleversée. Il vient de très loin, et est très seul. Mais il sait ce qu’il veut, il se bat. Sa détermination m’a impressionnée.”

Un soir, Amélie a aussi vécu un moment particulièrement émouvant en rendant visite au pensionnat des petites filles de moins de 16 ans : « J’y suis allée pour leur chanter des berceuses. C’était magique… Dès mon arrivée, elles m’ont toutes attrapée la main, m’ont prise dans les bras. J’avais l’impression d’être la grande sœur d’une trentaine de petites filles ! Pendant les chants, elles me serraient les doigts jusqu’à ce qu’elles s’endorment. J’étais bouleversée. C’était si simple, si fort. On sent combien elles ont besoin d’amour, de présence. Je suis encore toute touchée rien que d’y repenser. »

Un mois et demi après son arrivée, Amélie rayonne dans sa mission. Sa générosité, son implication et l’énergie qu’elle déploie dans chaque échange, chaque activité, traduisent ce qu’elle avait pressenti chez son cousin : “On dit souvent qu’en volontariat, on reçoit plus qu’on ne donne. Je comprends maintenant ce que ça veut dire.”